Nouvelles générales : Accusé de meurtre, sa libération cause l’indignation

Accusé de meurtre, sa libération cause l’indignation

Pareille libération est une première au Québec…

Publié le par Grands titres dans Nouvelles générales
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Alors que tout semblait démontrer la culpabilité du mari d’une jeune femme assassinée en 2012, l’arrêt des procédures contre lui sème la consternation.

Sivaloganathan Thanabalasingam ne subira finalement pas de procès pour le meurtre de sa femme Anuja Baskaran, retrouvée égorgée en 2012, en raison des délais trop longs qui se sont écoulés depuis son arrestation.

Selon La Presse canadienne, le juge de la Cour supérieure Alexandre Boucher en est arrivé à cette décision au regard des 56 mois passés en prison par l’accusé sans qu’il n’ait pu avoir accès au système de justice. C’est près du double de la limite fixée par la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Jordan.

Si d’autres causes au Québec ont déjà connu pareil dénouement, il s’agit ici d’une première dans le cas d’une personne accusée de meurtre.

«Je suis outré», a confié à La Presse canadienne Hugues Olivier, policier du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), qui est arrivé en premier sur les lieux, le 11 août 2012. «Ça n'a pas de sens», a-t-il ajouté, précisant que d'autres policiers sont tout aussi scandalisés que lui par la décision.

Thanabalasingam, 31 ans, a été arrêté le 11 août 2012. Son épouse âgée de 21 ans a été retrouvée égorgée au domicile familial du quartier Ahuntsic, à Montréal. Selon M. Olivier, le travail des policiers a été fait de manière exemplaire. L’officier ne comprend pas pourquoi les délais ont été si longs, estimant qu'«il n'y avait pas grand-chose de complexe dans cette affaire-là».

Le policier a d’ailleurs témoigné à l'enquête préliminaire en 2014, une procédure qui s’est déroulée de manière normale. «J'en ai vu des cochonneries dans ma vie, mais... tu me demanderais de témoigner pas de notes, et je serais capable de témoigner facilement», a expliqué le policier qui cumule 18 années d’expérience au sein du SPVM.

Toujours selon lui, personne ne lui a mentionné de problèmes au niveau de l'enquête ou de la preuve recueillie, des éléments qui auraient pu faire traîner les choses. «J'ai encore la vision», a-t-il confié à la PC. «Et il s'en sort (sans procès). C'est rare que je veuille parler, mais là, je suis tanné», a-t-il avoué.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a pas souhaité commenter l’affaire, ajoutant envisager de porter le jugement en appel. Rappelons que l’arrêt Jordan fixe la durée maximale des procédures criminelles à 18 mois en Cour du Québec et 30 mois en Cour supérieure, entre la mise en accusation et la conclusion du procès.

Il envisage toutefois de porter en appel le jugement, obtenu en raison des durées maximales des procédures criminelles fixées par la Cour suprême du Canada, dans l'arrêt Jordan: 18 mois en Cour du Québec et 30 mois en Cour supérieure, entre la mise en accusation et la conclusion du procès.

L’avortement de certains procès a déjà choqué les Québécois dans le passé, mais voir ainsi un homme accusé d'avoir sauvagement assassiné sa conjointe fait assurément grimper l'indignation populaire selon de nombreux organismes, notamment Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale qui a condamné la situation. 

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Source: La Presse canadienne · Crédit Photo: Archives