Facebook fournit à la police les messages privés d'une adolescente accusée d'avortement illégal

Une affaire qui fait beaucoup jaser aux États-Unis

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Facebook fait face à de vives critiques depuis deux jours, car il a été démontré que le réseau social a communiqué à la justice le contenu de conversations entre une mère et sa fille de 17 ans dans un dossier d’avortement illégal, rapporte Le Monde.

Selon ce qu'ont rapporté les médias américains, c'est avant l’annulation par la Cour suprême américaine de la décision Roe vs Wade, le 24 juin, qui consacrait le droit à l’avortement aux États-Unis, que la réquisition judiciaire avait été adressée à Facebook.

L'enquête qui a mené à cette réquisition judiciaire concerne une jeune femme de l'État du Nebraska qui est accusée d’avoir avorté durant sa vingt-huitième semaine de grossesse. La mère de celle-ci est accusée pour sa part de complicité, puisqu'elle a commandé des pilules abortives.

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Dans l'État du Nebraska, l’avortement est autorisé jusqu’à vingt semaines après la conception.

Les deux femmes font aussi face à des accusations d’avoir enterré illégalement le fœtus et d’avoir menti aux enquêteurs.

C'est un informateur ou une informatrice anonyme qui a dénoncé la mère et sa fille.

Andy Stone, le porte-parole de Facebook, a expliqué que le réseau social ignorait certains détails de l'enquête au moment de transmettre aux enquêteurs les échanges entre les deux femmes sur la messagerie Facebook Messenger.

« Aucun élément, dans les réquisitions en bonne et due forme que nous avons reçues de la part des enquêteurs au début de juin, avant la décision de la Cour suprême, ne mentionnait un avortement. Les réquisitions évoquaient une enquête (…) sur l’enterrement ou l’incinération d’un bébé mort-né. »

Rappelons enfin que Facebook, comme toutes les entreprises américaines, est tenu de répondre aux réquisitions judiciaires des autorités américaines.