Nouvelles générales : Le gouvernement de la CAQ souhaite vendre des données de la RAMQ à des pharmaceutiques.

Le gouvernement de la CAQ souhaite vendre des données de la RAMQ à des pharmaceutiques.

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Publié le par Grands Titres dans Nouvelles générales

Alors que le gouvernement Legault a déclaré qu'il espérait être en mesure d'inciter des compagnies pharmaceutiques à s’installer dans la province en leur proposant d’accéder aux données médicales des Québécois, un expert dans le milieu a lancé une importante mise en garde contre un tel projet.

C'est le bioéthicien Bryn Williams-Jones qui a expliqué sur les ondes de RDI pourquoi il fallait reconsidérer une telle stratégie.

Selon le spécialiste, les données médicales des Québécois sont une ressource à ne pas sous-estimer: "Ce sont des données qui peuvent être très utiles pour les compagnies pharmaceutiques ou pour n'importe quel chercheur pour bien comprendre l'origine d'une maladie et comment identifier un traitement qui est pertinent. C'est donc tout à fait souhaitable d'utiliser ces ressources qui sont nos données personnelles pour collectivement essayer d'identifier des cibles et des moyens de traitement pour développer idéalement des médicaments ou d'autres façons de faire de la prévention. C'est bien."

Les spécialistes envisagent que l'un des dangers de donner accès aux données médicales au domaine privé est que celles-ci soient moins en sécurité: "Normalement, les pays ont l'obligation de protéger les données de leurs citoyens. [...] C'est évident qu'on est dans un contexte actuel où littéralement, chaque jour ou chaque semaine, on entend des histoires de fuites de données massives avec des centaines de milliers de dossiers individuels. On ne peut pas imaginer que les compagnies pharmaceutiques vont être à l’abri et quand on parle des données médicales des citoyens québécois, on est dans un terrain hyperproblématique."

Enfin, le bioéthicien a été questionné à propos des intérêts des pharmaceutiques devant une telle offre du gouvernement et Bryn Williams-Jones a répondu: "Je doute fortement. [...] L'institut pharmaceutique est hypercompétitif et c'est mondial. Il y avait une industrie québécoise il y a 20 ans dans l'ouest de l'île de Montréal. Les compagnies pharmaceutiques internationales, elles ont toutes largement quitté pour d'autres lieux où il y avait un intérêt économique temporaire."

Source: ICI Radio-Canada · Crédit Photo: Facebook