Un camionneur affirme qu'il ne regrette pas d'avoir participé au « Convoi de la liberté »

Si c'était à refaire, il le referait sans hésiter

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Un camionneur qui a pris part au « Convoi de la liberté » a déclaré qu'il serait prêt à y retourner si l'occasion se représentait, rapporte Radio-Canada.

Comme plusieurs centaines d'autres personnes, Louis Martin s'est rendu à Ottawa au début de 2022 afin de prendre part au « Convoi de la liberté ». Près d'un an après ce rassemblement qui s'était transformé en siège, Louis Martin dit ne rien regretter de cette aventure.

Lors d'une entrevue avec Radio-Canada, Louis Martin a expliqué: «Le gouvernement voulait que ça finisse au plus vite. Il a pris le moyen le plus fort pour mettre fin à ça. Mais tout le monde savait que c’était too much. C’était démesuré. Mais ils se sont dit qu’ils allaient vivre avec les conséquences après.»

Louis Martin gagne sa vie en tant que camionneur et il s'était rendu à Ottawa afin de dénoncer l'obligation vaccinale pour les travailleurs qui traversaient la frontière américaine.

Pour l'occasion, Louis Martin avait décoré son camion à l'aide de l'unifolié et d'une banderole à l'effigie d'un slogan très populaire auprès de plusieurs manifestants québécois, «Fuck you Legault».

Louis Martin est donc resté à Ottawa pendant trois semaines et il est notamment sur les lieux le 14 février, lors de l'adoption par le gouvernement fédéral de la Loi sur les mesures d’urgence.

C'est quatre jours après le 14 février que Louis Martin a décidé de quitter son véhicule. Comme le camionneur l'a souligné, des centaines de policiers avaient alors été déployés dans le centre-ville d'Ottawa.

Quelques heures seulement après avoir quitté son camion, Louis Martin allait découvrir que son véhicule avait été retourné sens dessus dessous et que les vitres avaient été brisées: «Les policiers devaient vérifier s’il restait des gens dedans. On s’est fait dire qu’ils voulaient aussi s’assurer qu’il n’y avait pas d’armes dans le camion.»

Des avocats avaient assuré aux camionneurs qu'ils étaient en droit d’occuper le centre-ville de la capitale, mais en plus, les organisateurs distribuaient des prospectus citant des articles de lois à installer sur les parebrises des protestataires.

Louis Martin ne cache pas qu'il aurait préféré être mieux conseillé à cet effet: «On a peut-être été mal conseillés. Mais les avocats ne comprenaient pas tout à fait la loi sur les mesures de guerre [la Loi sur les mesures d'urgence]. En temps normal, on était pacifiques et on avait le droit de manifester. Et même avec la loi spéciale, on avait quand même des droits.»

Au moins 76 comptes bancaires de participants ou d'organisateurs du convoi ont été gelés par les autorités fédérales, mais Louis Martin a échappé à cette mesure.

Le camionneur ne cache pas qu'il recevait quotidiennement des dons en argent de la part de gens de sa région ou de sympathisants qui suivaient son siège sur les réseaux sociaux.

Pour ce qui est de l'avenir, Louis Martin semble fonder beaucoup d'espoir à l'égard d'Éric Duhaime, le chef du Parti conversateur du Québec, et ce, malgré les résultats de la dernière élection provinciale: «On est des orphelins politiques et il nous a ralliés derrière un parti. Duhaime proposait un gouvernement plus petit, qui ne veut pas nous contrôler. C’est un peu l’histoire de la manifestation de l’hiver dernier. C'est sûr qu’une bonne partie des gens présents se sont retrouvés dans ces idées-là.»

Enfin, alors qu'on lui demande ce qu'il ferait si un autre «Convoi de la liberté» avait lieu, Louis Martin n'hésite pas un seul instant: «Je repartirais demain matin! Pour les mêmes raisons. Pour notre avenir et l'avenir de nos enfants. Je n’ai pas de problème avec ceux qui se font vacciner. Mais ne m’oblige pas à la prendre si je ne le veux pas. J’ai encore peur des effets secondaires.»