Nouvelles générales : Une célèbre réalisatrice télé menacée par le conseil mohawk de Kahnawake

Une célèbre réalisatrice télé menacée par le conseil mohawk de Kahnawake

L’artiste télévisuelle se dit grandement bouleversée…

Publié le par Grands titres dans Nouvelles générales
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Sur le territoire des Mohawks de Kahnawake, on ne badine pas avec les traditions et cela pourrait grandement affecter une réalisatrice bien connue.

Le mariage de la réalisatrice Tracey Deer avec un homme non autochtone, l'automne dernier, pourrait bientôt lui valoir l'expulsion du territoire de Kahnawake, a révélé Radio-Canada avec la collaboration de CBC. Le conseil mohawk dit se baser sur une loi édictant les droits de résidence, une règle très contestée et considérée par plusieurs comme discriminatoire à l’endroit des femmes.

« Maintenant que je suis mariée, ils veulent m’expulser. Je ne serai plus considérée comme une Mohawk de Kahnawake. C’est très, très bouleversant », a expliqué la cinéaste au journaliste de CBC Steve Rukavina qui explique dans son reportage que le couple vit avec un enfant dans la propriété de Tracey Deer, située à côté de la maison où elle a grandi et où habite toujours sa mère habite.

CBC nous apprend aussi que 20 familles ont reçu pareil avis d’expulsion. Cette loi sur les droits de résidence, en vigueur depuis 1981, interdit aux couples mixtes de vivre sur le territoire de Kahnawake. Elle est d’ailleurs perçue par de nombreux juristes comme contraire à la Charte des droits et libertés, qui interdit toute discrimination raciale.

Reste que tout n’est pas encore perdu pour Tracey Deer car en décembre dernier, cinq résidents de la réserve, eux aussi menacés d’expulsion, ont remporté une importante première victoire quand la Commission canadienne des droits de la personne les a déclarés victimes de discrimination.

Le conseil de bande mohawk se penche actuellement sur la loi avec la volonté de proposer prochainement une nouvelle version, même si aucun assouplissement ne semble prévu.

Si ses parents ne lui ont jamais affirmé explicitement qu’elle devait épouser un Mohawk, Tracey Deer confie que ses parents ne lui ont jamais dit qu’elle était obligée d’épouser un Mohawk, mais elle considère qu’il s’agit d’une règle silencieuse qui règne partout sur le territoire de Kahnawake. Elle a d’ailleurs épousé un Autochtone avant d’éventuellement divorcer de ce premier mariage.

Tracey Deere est une réalisatrice et cinéaste bien connue au Canada anglais qui a mis en lumière la réalité de Kahnawake grâce à la série «Mohaw Girls», diffusée depuis 2014. Elle y raconte les aventures – notamment sexuelles – de quatre jeunes femmes autochtones vivant dans la réserve. Le tournage de la cinquième et dernière saison doit se faire d’ici la fin 2017.

«Mohaw Girls» aborde sans gêne des thèmes controversés, notamment la loi sur la résidence, ce qui a valu à Tracey Deer de nombreuses critiques. « Certaines personnes détestent la série et pensent que je les ai trahies en les dépeignant sous un jour horrible. »

En consultant les lettres envoyées en février dernier par le conseil aux couples mixtes, on apprend que d'autres actions seront prises contre eux le 1er mai s’ils n’ont pas quitté le territoire, sans préciser la nature exacte des mesures évoquées.

Tracey Deer affirme vouloir s’opposer à la loi, sans toutefois souhaiter infliger à sa famille et à ses futurs enfants ces luttes identitaires. «Ils ne vont pas grandir en se faisant dire qu’ils ne sont pas importants à cause de mon amour pour le père», confie la cinéaste le cœur brisé. 

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Source: Radio-Canada · Crédit Photo: Warrior Publications